12.05.2009

16 juin

Vendre trois exemplaires d'un livre, je peux très bien vivre avec. L'Éditeur sur la paille ? Faribole ! Ils sont tous subventionnés jusqu'au trognon ! Ce serait d'en fourguer trois cent mille qui me donnerait la sueur. Tu t'imagines parler tout seul, des heures, devant trois cent mille bégueules, la moitié sûrement conards par vocation indélébile, râleux bas de gamme, diplômés genre à machette ? Parfaits étrangers par-dessus le marché ? C'est déjà assez indécent de s'introduire dans une personne à la fois ! Se jeter dans sa conscience, dans le profond du lard, sa vie solitaire, qui lui palpite rien que pour elle-même, pour sa gloire et son malheur, secrète, entre ses deux oreilles : troublant !

D'ailleurs, à propos, qui sont-ils, ces inimaginables clients, occasionnels, professionnels, Crésus ? Qui ? Au fond je préfère ne pas le savoir. Si je les connaissais, si je pouvais voir leurs grosses bouilles d'hostiles à brique et fanal, je pense que j'en caillerais, je ne pourrais plus tracer une virgule de mon vivant. Garcia Marquez, c'est notoire, après le succès cosmique de Cent ans de solitude, le Bic lui est tombé de la patte, il ne s'en est jamais caché, il en est devenu comme dégoûté rien qu'à sentir les yeux par myriades derrière son dos, chaque fois qu'il rampait vers une feuille.

Arrière donc les lecteurs ! La putain n'embrasse jamais le client, elle, c'est de bonne guerre, question de pudeur et puis d'hygiène, mentale, d'abord - c'est une délicatesse, en somme, une façon de fidélité à son maq, aussi. Elle a beau se vendre par le trou, elle se réserve un brin d'âme, la salope. Que le gogo paye, ça va de soi, même s'il ne payera jamais la marchandise assez cher. Qu'il exige des simagrées, de l'incongru et des papouilles en plus de te manier le cul à sa guise, c'est un peu fort, je trouve.

Moi j'écris, pour moi c'est un acte, pour le client un produit. J'assume l'acte, le produit je le laisse aux marchands de papier, ou de tapis, pour ce que j'en ai à foutre.

 

11.05.2009

18 décembre

Vahiné.

Ce mot que j'aime, je l'écris simplement pour le plaisir de l'écrire ici.

 

10.05.2009

28 août

Va falloir que je les apprenne à me lire.

Va être long.

 

09.05.2009

7 juillet

Un vieux quêteux sonne à ma porte.

- Pardon, Monsieur ! Pourriez-vous faire la charité à un pauvre homme sans le sou ?

Le vieux tombait mal : j'étais aussi désargenté que lui. Alors je lui donne le livre que j'étais en train de lire.

L'air un peu dégoûté, le bonhomme prend le livre du bout des doigts, puis il me tourne le dos sans rien dire. J'allais refermer la porte quand je le vois baisser sa culotte et s'installer pour chier sur mon perron !

Je lui crie :

- Mais qu'est-ce que tu fais là, vieux sacrament ? ! ?

Le vieil homme lève son visage fatigué vers moi et me dit, en me regardant droit dans les yeux :

- Vous savez, mon cher Monsieur, avec des mots on va pas chier loin dans la vie !...

 

08.05.2009

25 octobre

Un Québécois, c'est quelqu'un qui n'a pas d'idées et qui n'en est pas moins incapable de les défendre.

 

07.05.2009

18 avril

Un pauvre écrivain écrivant sur l'écrire ne fait probablement que confirmer par là ce que la majorité des gens pensent depuis toujours.

Raison de plus.

 

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