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11.04.2009

31 janvier

Stefan Sweig avait raison. Le jour où, durant l'entre-deux-guerres, il a entendu dire d'un cheval qui avait gagné une course qu'il avait été génial, il a compris que c'était sans espoir : ce jour-là, la vieille culture de l'Europe - l'Europe qui a fait le monde dans lequel nous vivons tous aujourd'hui - venait, elle, de perdre la bataille. Depuis, c'est cette même bataille perdue d'avance que ne cessent de perdre chaque jour les écrivains, les artistes, les intellectuels, qui ne sont plus ceux qui créent la culture de notre époque mais les tristes dindons d'une farce qui se joue désormais sans eux. Avec l'effondrement de l'empire européen, qui s'est payé le luxe faramineux de deux guerres mondiales pour commencer à finir de se tordre dans toutes ses contradictions, nous sommes entrés dans un nouveau Moyen Âge, qui durera mille ans, comme le précédent, un nouveau Moyen Âge désacralisé, états-unien, planétaire, où la religion de l'argent a déjà tué le culte des anciens dieux partis se faire psychanalyser à perpétuité aux frais de toute la société. Il n'était pas très payant d'être un génie de la trempe de Jean-Sébastien Bach, par exemple, mais un cheval peut être génial parce qu'il rapporte. Greed is cool, man, greed is cool, y' know what I'm saying ?

 

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