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02.06.2009

Lettre 3

Tu t’acharnes, tu t’incrustes. Tu fais ta maudite tête d’entêté, tu me relances. Ah, je te connais une épuisante patience de pêcheur à la ligne, je commence à savoir que la moitié de ton petit plaisir d’idiot sous-stimulé consiste à attendre le poisson, sans te départir jamais de la certitude qu’il finira bien par le bouffer, ton hameçon. Entêté ! Entêté de riens ! Mais qu’est-ce que tu veux, à la fin ? Que je te montre un peu mon « moi » d’homme ? Que je me dézippe l’âme ? Que je dégraine ou que je me décrâne ? Tu tiens à tout prix à m’attraper en me remettant dans les mots, à ce que je me refasse une façon d’humanité, en somme ? La maniaque, l’acharnée, la furibonde fixation ! Connais-tu, as-tu lu Ferdinand Céline ? Céline qui disait que la mort est « la vraie patrie des entêtés » ? Toi, tu confonds tout, comme tous les cons, tu prends des vessies pour des statues et l’énervement pour une preuve d’existence. En réalité, tu fais la truie dans la soue du monde, à force de te secouer les molécules tu réussis seulement à puer la vie et tu me lèves le cœur pour finir. Je ne t’en ai pas déjà assez dit, non ? Qu’est-ce que tu vas faire de toutes ces cassettes ? Et puis non, ne réponds pas, je ne veux pas le savoir. Pour moi, j’ai passé ces nuits-là à jeter des poignées de sable dans la mer, tout ce que j’ai pu te raconter n’a pas plus d’importance que du vent dans un courant d’air. Des bulles à la surface du néant ! C’est joli, parfois, les bulles, mais quand ça crève ce n’est jamais que du vide qui retourne au vide, avec un peu de puanteur en prime, comme un rot. De l’énervement, une agitation, pour rien ! Je suis fatigué, je te l’ai écrit en toutes lettres, d’ailleurs, et j’espérais bien m’être fait comprendre, pour une fois. Mais non ! Je crie dans le désert ! Je me masturbe dans une poubelle, je me les vide dans l’oreille d’un sourd ! Ha ! C’est exact, c’est absolument ça, tu vois, j’ai mille fois raison, au fond : le « Parlez-moi de vous », c’est l’invitation lancée à la vidange par monsieur Trou d’Égout ! Tu peux te rameuter tant que tu voudras dans tous tes acharnements d’ovulateur en goguette, tu ne feras pas reparaître ma sainte paire de grelots devant la maudite face de ton micro. Les entretiens, le « talk-show », c’est non ! Nein ! No way, man ! Lubie ! Passe-temps ! Fumisterie d’escroc ! Manigance d’insignifiant ! Branlette à vide ! Magouille à néant ! J’ai dit ! Je suis Ailleurs – et d’ailleurs je m’y attends ! Allez ! Salut, fléau !

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