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04.06.2009

Lettre 1

Oh, tu m’écris, c’est entendu. Très bien. Alors continue de m’écrire. Tu me donnes une manière d’épaisseur que je n’ai pas de ce côté-là des choses, là où règne la bande des Douze Mille Douze Inévitables. Et puis le vieil Herman a bien besoin de toi : les facteurs nègres ne courent pas les rues, c’est le cas de le dire. – J’ai reçu ta petite lettre il y a, quoi ? une semaine, mettons ? Tu t’es donné la peine de mettre tes gants blancs, tu me l’as tapée proprement et tout, cette lettre, ce qui t’honore, évidemment. Je parierais trente sous que tu en as gardé une copie pour tes archives à la con, un petit brouillon, peut-être, hein, mon rat ? Jésus-Christ ! Mais qui écrit encore des lettres de nos jours ? Je veux dire, à part les suicidés, qui de toute façon n’ont plus rien à dire ? « Je me tue parce que bla bla bla… » Enfin, si j’ai bien compris, il s’agit d’une espèce de sommation à comparaître devant le Tribunal des Autres Inc., n’est-ce pas ? – Pauvre, oh oui ! pauvre toi ! Monsieur aimerait que nous reprenions ce qu’il appelle si joliment nos « entretiens » ? Tu ferais mieux d’aller vampiriser tes propres chiottes, pauvre, regrettable, futile siphon ! Je me doute un peu que tu as dû me téléphoner avant d’en venir au papier. Tu perds ton temps. Je ne réponds plus au téléphone, fiston. La voie royale des emmerdeurs, la coalition des Impossibles… Ça va faire ! Qu’on me foute la paix, calvaire !

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