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13.04.2009

13 octobre

Tant qu'à rire pour rire, je pense bien que je m'en tiendrai encore la cage dans ma tombe : si j'étais un grand écrivain, tu passerais toute ta vie - toi et d'autres de ta sorte - à étudier passionnément tout ce petit tas de papier.

 

12.04.2009

8 août

« Surfe ! Rame ! Join the club ! Patine ! Ride the tide ! Pédale ! Skate, skate ! » C'est ça, oui... L'important c'est de participer, pas vrai ? C'est d'être groupe, d'appartenir... D'avoir l'esprit grappe ! Seulement voilà, mon existence à moi s'est passée sempiternellement dans le calamiteux, à tituber tout crabe comme au bout de la société, dans l'anomalie, le vaseux, le terrain vague et même très très vague. Je  vois le monde et ses participants, de loin, d'ici, en somme, comme du délire de fou à pas tenir debout. Même invité, je préfère encore ne pas trop y aller, je suis incapable d'unisson et puis aussi de ne pas leur dire vitement, en passant, ma façon de penser. Juste un petit exemple, au hasard, touristique, mettons, vacancier : si j'allais à la mer, moi, mon ami, ce serait pour t'y couler un de ces puissants bronzes bien gluant, bien dégueulasse... Les gens, ça les écœure toujours un peu qu'on ait quand même une vie, tu vois, qu'on lève le nez sur les pois mange-tout et les petits siffleux à la « Stéphan » Bureau malgré eux qui s'en régalent et qui le proclament à pleine gueule. « Join the club ! Nous sommes le Nombre ! Nous sommes ! We are the World ! Nous, nous ! Rien que Nous ! » Le mouton a la haine féroce du « particulier », du pas très servile, du pas très brouteux des vertes pâtures de son si mirifique troupeau de compactés réjouis, consentants, bien au chaud, abondant toujours plus haut, plus fort, plus con dans le bêlement et l'unanime. « Il a pas des bonnes manières, il est vulgaire, il paraît... » « Il se fout de la température, il aime pas le cinéma, il est suspect ce gars-là... » Et bla, bla... Paroles de mouton. « À part ça il est pas normal : il nous aime pas ! » Suprêmissime constat... La moutonnerie, c'est de bonne guerre, ne peut pas blairer le cocasse, l'insolite galeux bas de gamme, la raclure de fin fond de fosse à purin, bref : l'emmerdeur au cube, le genre qui a appris à parler contre les milliards de mensonges du « très sélect club des Nous Autres On L'A L'Affaire Bonhomme ». C'est ça, l'impardonnable, à perpétuité - dégueuler le mensonge organisé, tout le mensonge, tout le catalogue, associés, coalisés, rapportés, assimilés et autres apparentés compris.

Mon avis, bien humble mais ferme, pesé, formel, irréfragable, intemporel : cause toujours, fibule, chéri cœur, licol, m'amouré. Papa n'est pas facilement impressionné. Tu peux même m'appeler du nom du fameux philosophe chinois, le grand Ye Men Fu, si tu veux. Et d'un ! Et basta ! Je ne me mettrai pas, je ne me mettrai jamais la pédale douce sur le moi-même, surtout pas pour l' « il est des nô-ô-tres » de mes si tant chers amis les Autres Inc. J'aime encore mieux crever. D'ailleurs c'est ce que je vais faire de toute façon, alors...

 

11.04.2009

31 janvier

Stefan Sweig avait raison. Le jour où, durant l'entre-deux-guerres, il a entendu dire d'un cheval qui avait gagné une course qu'il avait été génial, il a compris que c'était sans espoir : ce jour-là, la vieille culture de l'Europe - l'Europe qui a fait le monde dans lequel nous vivons tous aujourd'hui - venait, elle, de perdre la bataille. Depuis, c'est cette même bataille perdue d'avance que ne cessent de perdre chaque jour les écrivains, les artistes, les intellectuels, qui ne sont plus ceux qui créent la culture de notre époque mais les tristes dindons d'une farce qui se joue désormais sans eux. Avec l'effondrement de l'empire européen, qui s'est payé le luxe faramineux de deux guerres mondiales pour commencer à finir de se tordre dans toutes ses contradictions, nous sommes entrés dans un nouveau Moyen Âge, qui durera mille ans, comme le précédent, un nouveau Moyen Âge désacralisé, états-unien, planétaire, où la religion de l'argent a déjà tué le culte des anciens dieux partis se faire psychanalyser à perpétuité aux frais de toute la société. Il n'était pas très payant d'être un génie de la trempe de Jean-Sébastien Bach, par exemple, mais un cheval peut être génial parce qu'il rapporte. Greed is cool, man, greed is cool, y' know what I'm saying ?

 

10.04.2009

29 juillet

Statue

Je ne devrais pas être debout.

 

09.04.2009

5 septembre

Solitude

Les artistes, comme les junkies, n'ont pas d'amis.

 

08.04.2009

2 décembre

Si on me demandait quel est le seul droit inaliénable des artistes, je répondrais : celui qu'ont les miroirs, y compris les miroirs qu'on appelle « déformants ».

 

07.04.2009

20 avril

S'il le faut, ce dieu qui s'invente sera seul.

 

06.04.2009

5 octobre

Si je n'étais pas tellement plus que ça, que ce petit tas de papier que j'avais noirci tout au long d'un été de mon écriture râpeuse et que j'avais intitulé Le reel du fendu, alors il me fallait continuer, il me fallait chercher à dépasser la nausée malcommode qui vient des choses finies, et pour cela m'enfoncer plus loin dans la tourmente des mots, il me fallait voyager jusqu'au bout du dictionnaire éclaté dont les milliers de fragments tourbillonnaient encore autour de moi comme les débris d'une cosmogonie fabuleuse que je ne pouvais pas ne pas rêver de recomposer. C'était un peu trop simple à mon goût, naturellement, puisque le chemin me semblait déjà trop bien balisé ; mais il y avait dans cette entreprise vaguement obligatoire une manière de pérennité, ou du moins le soupçon d'une simple durée qui, si j'acceptais de m'y reconnaître et de m'y ancrer, me convierait peut-être à la fin à une douce fête de sérénité.

Et puis pour moi les frontières nationales n'avaient jamais eu une réalité bien définie ; dans le pays du Kapital chevauchant tous les continents, nous n'étions plus qu'une génération de chômeurs vissés devant le mur des perspectives absentes, sans doute l'une des générations parmi les plus gâtées, les plus folles et les plus utopistes de toute l'histoire, l'une des plus désabusées, aussi, dont nous avions craint qu'elle ne soit sacrifiée, comme le sont toujours toutes les utopies, et qui se vidait, nous en étions conscients, maintenant, de tous ses possibles avortés. Que me restait-il donc à faire, sinon me remettre au métier, m'atteler à la bête à mots et me laisser tirer et traîner dans son sillage ? La contexture socio-économique ne m'autorisait qu'un travail fantôme et me renvoyait du même coup à l'obsession de l'impuissance, c'est-à-dire à l'écriture elle-même dans tout ce qu'elle a de solitaire et d'absurde, de fuyant, d'inachevé et d'interminable. Mais ces perspectives escamotées par l'impasse historique ne pouvaient-elles pas être en même temps ce qui devait donner tout son sens à l'écriture, ou du moins - ce qui est déjà amplement suffisant en soi - un sens privilégié ? Je jugeais qu'on avait fait de moi, comme de dizaines de milliers d'autres, ce que ma verte mère aurait appelé un « membre inutile », et cette situation objective ne me laissait guère d'autres issues, pour être tolérable, que de chercher à valoriser l'inutilité même, à réhabiliter, en somme, les utopies, à réengrosser du rêve et du souverain désir une réalité à plat, celle du pauvre, du chômeur, du marginal coincé, de l'écrivain malgré lui.

De toute façon, je n'en étais pas encore arrivé à croire que tout l'avenir ne se trouvait plus que derrière moi. Le passé ne m'intéressait que par ce qu'il recelait d'inaccompli, que par ces actes manqués et ces brouillons malpropres qui appelaient du futur encore plutôt que de susciter en moi de la nostalgie ou du ressentiment. Du passé, je n'avais pas grand-chose à dire, ni à penser, et finalement rien à faire. Il y avait par-là une bonne dose de misère ordinaire, de la pauvreté à la petite semaine, de la révolte, de la délinquance, de vastes stries de souffrance, mais tout cela ne faisait plus de moi un animal ensorcelé, une affolante bête de cirque. Tous les hommes se ressemblent par ce qu'ils cachent ; s'ils se différencient les uns des autres, c'est à la façon dont ils dissimulent et cherchent à fuir l'intolérable en eux. Combien d'entre eux se sont fait donner un jour par un ami une vieille paire de bottes, parce que c'était l'hiver, parce qu'il pleuvait, parce que les godasses qu'ils portaient, eux, étaient crevées, parce qu'ils toussaient comme s'ils allaient cracher toute leur vie, là, devant eux, et parce qu'ils n'avaient plus d'argent pour acheter de quoi se tenir les pieds au chaud ? Combien d'entre eux se sont fait poignarder salement dans le plus mou de leur être par une quelconque femelle dont ils ont appris que l'amour est un piège trop cruel, comme l'est toute l'existence ? Combien d'entre eux ont connu les terribles violences de la peur, et la folie d'un délire sucé jusqu'au fond des bouteilles, et les petits matins dans le crachin des villes où on veut mourir, et l'angoisse blême devant la face d'un impossible absolu ? Non, le passé ne me suffisait pas, puisqu'il n'était pas parvenu à me tuer, malgré tout. Je voulais du demain, par barriques entières, pour m'en gaver et m'en griser, et l'écriture, reine du rêve, pouvait encore être porteuse, comme de tous mes autres désirs, de celui de tout recommencer, une fois de plus.

Alors j'allais dans les rues de l'automne, enveloppé de gros lainage, je marchais sans le voir dans mon petit village natal, qu'on appelle le Plateau Mont-Royal, et je sentais battre en moi le cœur à peine formé d'un autre livre qu'il me faudrait bien écrire. Cette idée d'une cosmogonie fabuleuse flottait autour de moi comme un filament de brume, elle me frôlait et me fuyait, me fuyait et me reprenait dans son filet. De quelle espèce d'hommes est celui qui n'a pas nommé toutes ses appartenances ? J'errais, je dérivais dans un monde sans ancrage, sans doute parce que je n'avais pas encore dit le mythe fondamental de sa création, qui seul aurait pu lui donner un sens, une finalité, une permanence pour ainsi dire imperméable. J'étais un homme de la ville, de la brique et du bruit, de la poussière et de la nuit, homme de néon et d'asphalte et d'anonymat, homme du pneu - un de ces hommes éclatés qui habitent le pays de l'urbanité moderne dont on sait si peu de choses pour y vivre trop éparpillé. J'étais le produit et le jouet d'une culture désacralisée, abêtie par la quotidienneté, la mise en marché et l'immédiateté, un homme flou, rendu fragile et vulnérable parce que trop semblable à cette junk culture dépourvue de verticalité. Songeant à mes appartenances, je savais l'impossibilité déchirante, et pourtant définitive, de me reconnaître en mon pauvre père, cet astre mort culbuté dans le néant de la vie de banlieue, l'argent de la rue Saint-Jacques, le rêve américain de pacotille, qui jamais ne pourraient m'aider à nommer mon humanité. Et quand la femme devant moi s'ouvrait pour me laisser me glisser dans la fente de son corps, j'étais fasciné et bouleversé à la fois par cette autre impossibilité, celle de posséder l'autre aussi bien que de se fondre et de s'abolir en lui. Je pressentais du livre à écrire qu'il lui faudrait faire contrepoids à tout cela qui me jetait dans le désarroi. Mais comment ? Comment réparer l'univers fendu ? Par quelle cosmogonie fabuleuse qui naîtrait de quel fabuleux miracle du langage ? Et cela était-il même concevable ?

Je le souhaitais, mais j'en doutais absolument. Je venais à peine d'achever Le reel du fendu, longue suite de textes hachurée dont je tenais tous les signes essentiels qu'elle avait fait jaillir pour autant de prodiges, et qui m'avait servi, entre mille et une autres choses, à me délivrer de la hantise de l'échec qui jusque-là m'avait empêché d'accoucher d'un livre. J'avais craché ces textes avec une fièvre qui aurait pu n'avoir jamais de fin, surexcité par un besoin de tout dire dont chaque apaisement n'avait conduit qu'à une résurgence encore plus frénétique. Mais quand tout avait été terminé, il ne m'en était resté, comme après une bonne nuit de débauche, qu'un étrange dégoût, extrêmement ambigu, une espèce de gêne incrédule devant tous ces mots que je ne pouvais que reconnaître miens et qui me laissaient blessé par leur incohérence, leur finitude étouffante, et surtout le reflet qu'ils rendaient de moi-même et de mes courtes limites. J'y étais arrivé, pour une fois, le livre s'était laissé écrire, j'avais enfin réussi, oui, mais ce petit triomphe dérisoire me jetait au visage un autre échec, une autre désillusion : le livre était insuffisant, il ne m'apportait aucune paix durable, il me chassait, au contraire, loin de l'immobilité tranquille que j'avais peut-être cherché à atteindre en l'écrivant, c'est-à-dire en me vidant au fur et à mesure de tout ce qui me poussait à bondir hors de moi comme un forcené. Mon livre n'était qu'un balbutiement oiseux, esquisse bâclée d'un prologue, prolégomènes à peine existants d'un autre livre qu'il me faudrait essayer de faire venir au monde. En fait, ce livre ne m'avait permis de découvrir, au bout du compte, que ce que je savais déjà avant de l'entreprendre : le langage possède une vie qui lui est propre, il constitue à lui seul une réalité qui ne peut pas être mise en cause, mais il n'est certainement ni la réalité ni la vie elle-même.

Quand je rentrais chez moi après avoir traîné dans les rues détrempées par l'automne précoce et que je reprenais ma place à la table de travail, c'était pour retrouver cette hantise d'un échec fondamental du langage, dont j'appréhendais maintenant qu'il ne vienne saper tous les efforts que pourtant j'étais déterminé à faire pour mettre au monde un autre livre. N'était-ce pas à cela, et rien qu'à cela, que tenait toute l'absurdité de la quête à laquelle j'étais réduit ? Est-ce que je ne cherchais pas, dans l'écriture, par l'écriture, ce qui justement ne pourrait jamais venir d'elle ? Est-ce que l'hypertrophie du langage ne faisait pas que me désidentifier perpétuellement, me déraciner, me rendre de plus en plus étranger à la vie que je rêvais d'investir et de dominer ? Quel qu'ait été l'objet confus de ma recherche, qu'avait-il et qu'aurait-il jamais à voir avec la grande débauche langagière dans laquelle je voulais me jeter pour le susciter, pour l'amener à paraître, pour le briser finalement afin de m'en délivrer ?

Oui, le langage possède une vie autonome. S'il devait y avoir une solution, je ne l'entrevoyais pas autrement : en sacrifiant ma vie à celle du langage, peut-être serait-il alors possible de liquider l'échec qu'il me promettait encore. Il me faudrait me constituer moi-même prisonnier du langage, pour arriver à abolir l'absurdité de ses prétentions en abolissant l'écart, la grande fêlure, qui le coupait irrémédiablement de la vie - en faisant du langage, autrement dit, la vie elle-même. D'autres avant moi l'avaient tenté. Mais pourquoi cela ? Pourquoi me faudrait-il en venir là ? À quoi cela me forcerait-il à renoncer ? Le jeu en vaudrait-il jamais la chandelle ? J'étais incapable de répondre à ces questions : elles étaient prématurées. L'impossibilité d'enfanter une œuvre enclose à l'intérieur des limites d'un livre avait sans doute toujours ajourné jusque-là le questionnement radical du langage. Le temps seul, au fil des mots eux-mêmes, devrait se charger de mon apprentissage, et peut-être viendrait-il alors un jour où je commencerais enfin à comprendre ce qui m'échappait encore et me confinait, au seuil du nouveau livre à écrire, à l'appréhension d'un échec encore plus cuisant que celui du précédent.

Et cela m'amusait, à certains moments, d'imaginer l'incompréhension de tout mon petit monde - le cercle des amis et des femmes et des connaissances, les débris de ma famille, quelques vagues et lointaines relations « professionnelles » - pour ce métier que j'en étais rendu à privilégier malgré moi au détriment de toute autre activité raisonnable. Personne, en réalité, n'avait la moindre idée de l'entreprise dans laquelle je me trouvais maintenant engagé et qui me tenait courbé sur ma table de travail, des heures durant, la tête calée contre le poing, absorbé dans l'absurdité d'une quête dont le sens ultime m'était à moi aussi inconnu et qui m'échappait même plus que jamais. Je parlais assez rarement du métier, et pour le reste je taisais avec précaution, comme par pudeur, le peu que je connaissais moi-même des motivations qui me poussaient à m'y adonner. Mais à d'autres moments, plus fréquents, ceux-là, j'éprouvais une certaine douleur et une certaine culpabilité à me sentir me désolidariser de la bonne vie facile et bien grosse et joyeuse à laquelle aspirent tous les êtres sains, pour m'enfoncer dans la tourmente des mots, comme si j'avais été une bouteille qu'on aurait jetée dans je ne sais quelle immensité, quel absolu. Toute la vie m'appelait et je ne savais que lui résister dans mon entêtement à lui opposer mon langage - rien ne pouvait justifier cela, et pourtant rien ne pouvait, semblait-il, l'empêcher non plus.

Enfin, je n'avais besoin, pour me remettre à la tâche, que du masque d'une belle patience confiante en ses seules vertus, qui donnerait une figure plus avenante à la résignation avec laquelle j'étais désormais décidé à accepter, même si c'était à mon corps défendant, l'aventure qui s'offrait à moi. Il me faudrait demeurer pauvre encore indéfiniment, vivre en marge d'un monde dont les autres langages ligués continueraient de disqualifier le mien, prétendre œuvrer avec assurance et gaieté de cœur alors que je ne ferais que chercher péniblement une voie toujours incertaine, et peut-être même impossible. Mais jusque-là je m'en étais toujours assez bien tiré, vaille que vaille, toutes choses étant relatives ; à force de pauvreté, de marginalité, d'adversité, je m'étais même plutôt aguerri, avec le temps. En somme, toute l'affaire ne se présentait pas trop mal, d'autant plus que l'automne ne disait pas le contraire.

05.04.2009

24 mai

Si j'avais des seins, je serais sûrement aimable. Tout le monde aime les seins. Même les femmes.

 

04.04.2009

26 janvier

Si j'ai le temps.

Si j'ai la patience.

Si j'ai le courage.