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08.03.2009

3 mars

Puisque Dieu n'existe pas

exister est une intolérable

arrogance

que l'arrogance d'écrire doit punir

 

07.03.2009

8 octobre

Publicité

Dans le film, on aurait envie d'aimer le nazi.

 

06.03.2009

9 janvier

Prostitution

J'aime bien cuisiner, mais je n'en ferais pas un métier.

 

05.03.2009

3 août

Pour se donner tout entier à l'écriture, on ne me fera jamais accroire le contraire, il doit bien falloir que quelque chose cloche sérieusement de l'autre côté de la barrière, dans la mare aux grenouilles de la vie. Ces milliers d'heures de solitude devant du papier, cet enfermement dans l'inconcevable minceur de l'encre, cet écriteau éternellement pendu à la porte du monde - « Prière de ne pas déranger » - , tout ce temps si long, cette terrible lenteur, cette vague besogne obsédante, harassante, débilitante : pourquoi ? Misère, Madame, misère de l'écrivain qui nourrit son entreprise à même la poubelle de ses échecs salement humains. Et d'abord, en existe-t-il un seul digne de ce nom qui se doute de ce que l'écriture risque de faire de lui, à compter du moment où il commence à circuler à l'intérieur de ces nouveaux circuits qu'elle ouvre en lui ? L'apprenti écrivain est venu au monde de la littérature parce qu'il était, comme tous les hommes, un infirme et un malheureux, un misérable boiteux en quête d'une béquille qui l'aiderait à traverser tout titubant d'horreur le cauchemar des jours et l'empêcherait de déraper complètement dans le décor. Il avait besoin de débourrer un monde de rechange à partir de ses inaptitudes de taré et de s'y installer en jouant au roi de la jungle, avec l'idée burlesque d'oublier son invivable nullité. Il se met à l'écriture, il y va gaiement, il se métamorphose petit à petit en une manière d'expert en transposition du réel atroce ; il y parvient si bien qu'il constate un jour que sa réussite consiste à avoir fait de lui-même un véritable professionnel de l'inadaptation perpétuelle. Il a raison, le con. Inadapté, inadaptable, il l'était quand il s'est amené en salivant et en tremblant à la littérature ; il imaginait pouvoir se tirer du cloaque en se retirant du monde et se réinventer en réinventant le monde ; et voilà qu'il découvre tout à coup le stupéfiant paradoxe : il est toujours prisonnier de la réalité abhorrée alors qu'il n'a fait que creuser entre elle et lui un fossé de plus en plus effrayant. En écrivant, et pour pouvoir écrire, il s'est désadapté encore davantage, un peu plus chaque jour et à chacune de ses pages : il était parti infirme, il achève de virer monstre pour de bon !

 

04.03.2009

13 février

Pourquoi une personne qui est sur le point de se noyer s'amuse-t-elle à regarder toute sa chienne de vie repasser devant ses yeux, plutôt que de nager et d'essayer de sauver sa peau ?

Et pourquoi un « écrivain » ferait-il une chose pareille ?

 

03.03.2009

29 décembre

Pourquoi ? Pourquoi es-tu comme tu es ? Pourquoi si desséché et comme mort déjà ? Alors ? Tu as voulu tout comprendre, dans l'espoir de tout maîtriser et de tout pouvoir ? Tu as eu la folle, la stupide ambition de tout connaître, de réduire ce qui fait toute la vie à une poignée de formules, d'équations, de principes, de dogmes, de phrases ? C'est ça ? Le baron Frankenstein cherchant l'ultime secret et ne créant que l'ultime horreur, cette insatiable bête à mots tapie dans le nid de ta viande, cette monstrueuse créature qui passe ta vie à te la resucer, à te l'expliquer, à t'en débarrasser, plutôt que de te laisser sentir la pulsation de l'émotion dans toutes les ramures si fines de l'arbre de tes nerfs ? C'est ça ? Allez, réponds !

Et la voix d'Oscar Wilde répondit : « Il n'y a pas d'émotions, il n'y a que des adjectifs. »

 

02.03.2009

16 mars

Pour me comprendre, achète un journal, feuillette-le, puis jette-le, sors, marche, flâne, ensuite rentre chez toi, ferme la porte, les fenêtres et les rideaux, soûle-toi, couche-toi, dors, et enfin éveille-toi au milieu de la nuit, au milieu d'un rêve, si possible, et demande-toi : « Qu'est-ce qu'ils disaient déjà dans le journal d'aujourd'hui ? », puis rendors-toi, et, le lendemain, recommence, mais pas nécessairement dans cet ordre-là.

 

01.03.2009

28 octobre

Pour être comédien, il faut avoir beaucoup de temps à perdre.

 

28.02.2009

11 septembre

Politique

Palindrome.

 

27.02.2009

19 janvier

Poésie. Il n'y a pas de poésie. Il n'y a, dans le monde, dans l'existence, que de la littérature. Une stupéfiante, titanesque et suffocante quantité de littérature. C'est la tête de tous les gens du monde dans laquelle ils voudraient nous obliger à vivre aussi, comme si nous étions des asilaires en péril de nous-mêmes. Le monde, l'existence, ne sont que les histoires que ces gens-là se racontent dans leur tête, à longueur de vie, à longueur de monde. Littérature. Mais de poésie, point. Parce qu'il n'y en a pas. Point.