14.01.2009
22 février
Mourir c’est comme écrire, c’est grandir vers le bas – sauf que mourir, n’est-ce pas…
Oui : écrire, c’est apprendre à mourir.
/ Je suis incapable d’écrire ce que je viens d’écrire. Ce n’est pas moi qui ai écrit ça, c’est l’écriture toute seule, sans moi. C’est elle – c’est la promeneuse au chien. /
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13.01.2009
4 septembre
Moudre au moulin du langage toute l’incertitude invisible, qui est toute la vie visible.
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12.01.2009
10 novembre
Montaigne, n’est-ce pas :
1. « Le second vivre. »
2. « Histoires qui ne disent mot. »
3. « J’ose non seulement parler de moi, mais parler seulement de moi. »
4. « Je ne l’entreprends [ce livre] ni pour en revenir, ni pour le parfaire ; j’entreprends seulement de me branler, pendant que le branle me plaît. »
5. « Chier dans un panier et puis se le mettre sur la tête. »
Oui, mon programme pourrait ressembler assez à cela.
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11.01.2009
5 janvier
Mon seul regret, vraiment, est de ne pas avoir pu me trouver sur l’arche, tu sais, avec cet homme, Noé, et un fort vilebrequin. Je lui aurais ajouté un petit y, moi, à ce servile, et ça aurait été ça qui aurait été ça – ou ç’aurait été ça qui aurait été ça, comme tu voudras.
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10.01.2009
17 décembre
Mon héritage culturel : une galerie de masques.
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09.01.2009
8 janvier
Mon amour de la littérature n’est pas un amour déçu. Je n’ai pas aimé la littérature ; je l’ai apprise, comme on apprend tout, et le reste, et son contraire ; j’en ai fait une certaine étude plus ou moins appliquée, plus ou moins étendue, plus ou moins approfondie, et quelques essais plutôt maladroits ; j’ai voulu voir et comprendre comment la chose était fabriquée et comment elle fonctionnait, pour voir et comprendre ce qu’elle pouvait m’apporter ; puis je m’en suis désintéressé petit à petit, justement parce que j’avais compris, grosso modo. J’ai cessé de « lire » de la poésie à l’âge de vingt ans, et je n’ai pas ouvert un roman depuis des années. Ce n’est pas parce qu’on aime les livres et la lecture qu’on apprécie nécessairement la littérature, et encore moins qu’on est tenu de s’y adonner. Vers le milieu du XVIIe siècle, le duc de La Rochefoucauld écrivait : « Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour. » Je suppose qu’il n’existe pas plus de naturel dans l’amour tout court que dans l’amour de la littérature ; chose certaine, il n’existe aucun appel naturel à la littérature, qui n’est que code, et strict code : l’écriture littéraire est une écriture faite pour faire littéraire, c’est-à-dire pour se désigner et se signifier elle-même en tant qu’objet littéraire. À compter du moment où la littérature cesse d’être le jeu qu’elle est et qu’elle devient tout autre chose que le moyen de son propre code, elle perd sa raison d’être. Pour moi, je ne pense pas qu’elle ait jamais été quoi que ce soit d’autre qu’un moyen ; cela va si loin que je considère depuis très longtemps que les problèmes de technique littéraire, par exemple, sont en fait autant de problèmes philosophiques. Je suis un être particulièrement ludique, oui, mais je suis aussi et sans doute d’abord un être assez salement tourmenté. Je n’ai pas la passion du divertissement, de l’imaginaire, des histoires de bonnes femmes et des univers fictifs ; je ne suis pas ce qu’on appelle aujourd’hui un « créateur », terme aussi ridicule que prétentieux ; je ne joue jamais dans le but de m’amuser, sinon de l’amusement, pour m’amuser doublement ; mes plus profondes exigences ne sont pas esthétiques mais éthiques, philosophiques ; mon rire est d’outre-tombe. Si je n’avais jamais entendu parler de la littérature, qui n’est après tout qu’un habit de la grimace humaine parmi tant d’autres habits possibles, je ne doute pas que j’aurais été le même homme, intégralement, le même homme clivé, mais sous un autre déguisement – celui d’un sorcier, je crois, d’un entremetteur de mondes, d’une couture de réalités.
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08.01.2009
4 octobre
Moi qui n’ai jamais pleuré de ma vie, j’ai dû me forcer pour écrire quelques chansons – et peut-être quelques petites pages aussi – qui me feraient faire ça. Personne d’autre que moi n’aurait pu.
OK ?
OK.
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07.01.2009
7 mars
Moi qui ai gaspillé tellement de femmes, je suis encore incapable de jeter une feuille de papier. Peut-être parce qu’on peut écrire au verso d’une feuille de papier.
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06.01.2009
1er décembre
Moi, j’ai ordinairement l’élégance de me taire. Ergo : quand j’écris, moins d’élégance – et le reste à l’avenant.
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05.01.2009
17 avril
Michel Tremblay n’est pas un homme de lettres, il lui en manque une, ou deux.
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