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23.05.2008

11 novembre

Bob Dylan : « I wish I could write you a melody so plain / That could hold you dear lady from going insane / That could ease you and cool you and cease the pain / Of your useless and pointless knowledge. »

22.05.2008

18 octobre

Bientôt l’hiver reviendra faire son nid dans la ville morne, et le mont Royal couvert de neige sera comme une grande baleine blanche empêchée dans sa course vers la mer.
Fermons les stores, les rideaux, les portes et les fenêtres, mon ami, mon frère. Hélas ! nous avons à faire ! Ne faut-il pas que nous racontions la maudite histoire qui nous occupe ?
Pour expier quelle faute, ô tristesses ! ô rapetissements !…

21.05.2008

30 juillet

Bien sûr, j’écrirais pour les dieux, s’il y avait des dieux. Les animaux, eux, ne savent pas lire.

20.05.2008

20 décembre

Bien plus qu’une passion ou un plaisir, l’écriture est pour moi un problème. Comment peut-on arriver à créer une œuvre, et, même, à écrire, tout simplement ? Comment choisir ce qu’on écrit, et, dans le même mouvement, décider – ce qui est tout aussi important – de tout ce qu’on exclura de l’œuvre d’écriture ? Comment, dans la trame de l’écriture, se produire soi-même comme signifiant, et donner aussi un sens au monde et à la vie, un sens à notre propre vie ? Pour l’écrivain, tout est certainement bon à dire ; le problème est qu’il n’y a rien à dire, ou alors qu’il faudrait précisément tout dire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’écriture risque de vous dévorer sans trop lambiner celui qui ne sait pas la circonscrire, lui imposer quelque clôture, l’enchaîner, même, comme une bête sauvage et dangereuse. Mais est-ce possible, et si oui, comment ? Puisque rien n’existe à l’extérieur de l’écriture elle-même, qui n’est pas qu’une sorte de paire de ciseaux à tailler nos manteaux, mais un lieu, le seul lieu où peuvent être saisis et fixés toute la vie, connue et inconnue, toutes les réalités, réelles ou imaginées, toutes les vérités, vraies ou fausses, tous les questionnements, toutes les réponses, toutes les questions sans réponse, tous les mystères, tout le visible et l’invisible, tout le dicible et l’indicible, tout l’homme, enfin, dans toute son incommensurable liberté et toute sa finitude étriquée. Si l’écriture n’existe, ne se produit, ne se « passe » qu’en elle-même, et si elle est le lieu unique du métalangage où tout peut être dit, y compris, par définition, ce métalangage, si on peut y faire de l’or avec de la boue et, aussi sûrement, de la boue avec de l’or, on a beau dire et faire, elle ne peut être qu’un lieu totalitaire qui est à la fois celui d’une effarante liberté et d’une vertigineuse gratuité. Or, comment peut-il être possible, à l’intérieur d’un tel lieu, de juger ou d’évaluer, en l’absence d’un sens ou d’une vérité univoque, ce qui n’a pas de valeur objective ? Je n’irai pas écalventrer mon enfant de chienne de voisin, ni dépuceler sa juteuse progéniture, qui n’a pas encore franchi le pas entre la camisole et la brassière, parce que cela ne se fait pas : les lois de la société des hommes me l’interdisent. Mais quand j’écris, je peux faire tout ce que je veux. Qui s’en plaindrait, qui viendrait me le reprocher, et qu’est-ce que ça pourrait me faire ? Rien, bien entendu. Je ne suis même pas tenu de donner à lire à qui que ce soit ce que j’écris, comme ces lignes que je trace cette nuit et sur lesquelles personne d’autre que moi ne posera probablement jamais le regard. Pourtant j’écris ceci, et le reste. Ces notes ne sont pas dénuées de sens, ni d’intérêt ; elles disent une difficulté qui se pose à moi. Par contre, l’écriture d’un roman, disons, n’a aucun sens précis, aucun intérêt particulier. Écrire un roman n’est jamais que mon désir de raconter telle histoire, et de la raconter de telle manière ; mais pourquoi écrirais-je ce roman plutôt qu’un autre, que tous les livres que j’ai envie d’écrire, que n’importe quel autre livre, en fait, surtout si mon besoin le plus viscéral n’est pas d’écrire des romans, de raconter des histoires, ni même de « faire des livres », mais de créer une œuvre, parce que rien de moins qu’une œuvre ne saurait être dressé devant la face de la Mort ? Effarante liberté, vertigineuse gratuité, qui me renvoient à la vie elle-même sans m’aider en rien à faire contrepoids à son irréductible inanité.

19.05.2008

17 novembre

Belle, grandis vite, pour m’aider à comprendre comment on peut être aussi seul au milieu de tant de mots.

18.05.2008

31 décembre

Balzac disait, ou aurait dit : « Un romancier, c’est un homme qui n’aime pas sa mère. »

17.05.2008

6 octobre

Bah, je méprise beaucoup, allègrement, même, je le sais, parce que mépriser me donne surtout l’occasion de me fabriquer tout un tas de petites pintes de bon sang qui me soûlent de gaieté, mais je n’ai jamais vraiment eu besoin d’en rajouter pour ne pas aimer les gens qui existent.