23.07.2008

6 août

Écrire
Pour être
Seul
Et rapide

22.07.2008

18 septembre

Écrire ne m’empêche pas de vivre mais ne me le permet pas non plus. Je n’appartiens ni au néant ni à l’existence ; je suis quelque part entre les deux, dans ce très étrange « format » qu’est l’écriture, à la manière des drogués que la drogue soustrait temporairement à la mort – au suicide – sans pour autant les laisser vivre vraiment. Comme les grands drogués, je ne peux pas plus choisir de continuer à m’intoxiquer volontairement que de renoncer au poison de gaieté de cœur. Le problème est d’une toute autre nature. Il est beaucoup trop tard à présent pour faire quoi que ce soit d’autre que de subir ce qui en est venu à constituer un mode d’être au monde dont la particularité réside dans le refus ou l’incapacité d’être au monde. L’écriture est un trait d’union entre le néant et l’existence qui ne relie rien du tout ; elle est un lieu autonome où la survie, pour être possible, n’en est pas moins subie plutôt que d’être délibérément choisie. Dans ma vie de tous les jours, rien n’a besoin de l’écriture, tout peut se passer d’elle ; tout peut être ce qu’il est et se faire comme il se fait sans jamais avoir recours à l’écriture – tout, sauf justement le fait d’occuper cette position entre le néant et l’existence, qui ne permet ni n’empêche rien, mais qui est la seule possible. C’est en ce sens qu’écrire, pour moi, n’a pas grand-chose à voir avec la littérature. Le travail d’écriture, dans l’acception flaubertienne du terme, ne me préoccupe qu’accessoirement, son contenu pourrait presque m’être indifférent. Le drogué ne se drogue pas dans le but de faire telle ou telle chose précise, d’exécuter telle ou telle tâche particulière au cours de telle ou telle journée ; il se drogue pour retrouver en lui, en le recréant sans cesse, le lieu où il peut être sans être et ne pas mourir sans vivre véritablement. Il ne peut choisir ni de vivre ni de mourir ; il ne fait qu’accepter passivement, tant que cela lui est possible, et souvent même très au-delà, l’unique forme de soulagement qui puisse lui convenir. Ce qui, à bien y réfléchir, n’est quand même pas si mal que ça, après tout.

21.07.2008

30 mars

« Écrire »
James Hillman : « Soul history is a living obituary, recording life from the point of view of death, giving the uniqueness of a person sub specie aeternitatis. As one builds one’s death, so one writes one’s own obituary in one’s soul history. »

20.07.2008

17 janvier

– Écrire et mourir idiot quand même…
– Mais c’est humain, au moins.
– C’est ce qui est le pire…

19.07.2008

20 novembre

Écrire est la spectacularisation du langage.

18.07.2008

24 décembre

Écrire en français, au Québec, c’est encore et ce sera toujours traduire.

17.07.2008

30 juin

Écoute, hostie de crétine à mamelles de bas étage du câlisse ! Tous les loups sont beaux, toujours ! Understand ? Les chiens qui sont laids, ce sont les hommes qui les ont fabriqués ! C’est l’utilitaire ! La domestication ! Parce que tu voulais qu’ils restent auprès de toi, ô ranch aux totons !

16.07.2008

21 août

Durant une très courte période – une très courte période – , à l’époque d’une de mes jeunesses ratées, je me suis presque laissé tenter par ce qui aurait voulu être un cycle romanesque à hauteur d’homme – pantoufles émotionnées, cœurs en robe de chambre, etc. – , jusqu’à ce que je me fasse l’effet d’un vieux dégueulasse pourri de vices s’amusant à l’idée de fonder une vraie petite famille comme on en voit à l’église et dans la publicité. Fabriquer une œuvre « humaine », un peu à la manière de Marcel Pagnol, disons, ou de l’ « incontournable » Michèle Tremblay, quelle ironique cocasserie ç’aurait été ! J’ai l’œil bleu, et j’ai l’œil noir : il m’a suffi de fermer le bon pour que se dissipe cette niaiserie et que le rire me remonte à la babine.
Alors ?
Rien. C’est tout.

15.07.2008

1er août

D’un œil, mais du bon, je relis, dans la revue Canadian Literature, la critique, signée du nom de Jane Moss (ou Mosh ?), de mon excellent roman Baie des Anges, paru aux Éditions du Boréal : « Feminists should be appalled [‘‘ Les féministes devraient être dégoûtées ’’ – je souligne] by this first novel. »
Hum.
J’écris philosophique, moi, pas idéologique ! Misogynie, disent-elles. Quelle prétention ! Je ne suis pas misogyne, je suis misanthrope ! Nuance !
Cette salope a beau être une connasse d’énorme envergure, ce n’est quand même pas une raison pour que je ne lui pisse pas à la raie.
C’est la guerre.
Ce n’est pas précisément ce que je désire, mais il semble que ce soit ce qu’ils et elles cherchent.
Très bien, dans ce cas.
Mais attelez-vous, hostie ! You ain’t seen nothing yet, babe !

14.07.2008

26 septembre

Dis-toi bien que l’écriture est la machine à laver le linge sale de la vie, pas une machine à laver son linge sale en famille.